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PC2G-RDC : la RDC mise sur la science pour mieux explorer et valoriser ses ressources minières

Photo d'illustration

La République démocratique du Congo a officiellement lancé lundi 5 octobre 2026, à l’aéroport de Ndolo à Kinshasa, capitale de la RDC, le Programme de Cartographie Géophysique Aéroportée et Géologique de la RDC (PC2G-RDC). La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, représentant le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, du Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ainsi que de l’Ambassadrice d’Espagne en RDC, Maria Del Carmen Diez Orejas. Plusieurs autres acteurs et invités du secteur minier ont également pris part à cet événement.

Placée sous la coordination technique du Service Géologique National du Congo (SGN-C), relevant du Ministère des Mines, cette initiative bénéficie du financement du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN). Sa mise en œuvre opérationnelle est assurée par la firme espagnole Xcalibur Multiphysics Group SL. À travers ce programme, la RDC entend renforcer la connaissance de son potentiel géologique et minier grâce à des données géophysiques et géologiques de haute précision, afin de mieux orienter l’exploration et la valorisation de ses ressources naturelles.

Le PC2G-RDC vise à mieux connaître le sous-sol congolais, à orienter l’exploration, à réduire les incertitudes et à renforcer la capacité de l’État à prendre des décisions fondées sur des données scientifiques fiables. Il accordera également une place importante au transfert de compétences et à la formation des géologues, chercheurs, techniciens et étudiants congolais.

À l’occasion du lancement, tout en soulignant que l’étape franchie revêt une portée stratégique particulière, le Ministre des Mines a rappelé que cette campagne constitue un investissement dans l’avenir du pays. Selon Louis Watum Kabamba, le patrimoine minéral de la RDC est exceptionnel, mais à ce jour, moins de 10 % de son territoire peut être considéré comme véritablement exploré.

« Comme cela a été dit par tous les prédécesseurs ici, le patrimoine minéral est exceptionnel. Pourtant, moins de 10 % de son territoire peut aujourd’hui être considéré comme véritablement exploré. Cela signifie que nous ne connaissons pas encore tout notre potentiel. Nous n’en connaissons qu’une petite partie. La campagne que nous lançons aujourd’hui constitue donc une étape concrète dans la bonne direction » a déclaré Louis Watum Kabamba, Ministre des Mines lors de son discours

Au-delà de sa dimension technique, a-t-il fait remarquer, l’étape que la RDC franchit revêt une portée stratégique particulière. Selon lui, cette opération engage la capacité du pays à mieux connaître son territoire, à mieux maîtriser son patrimoine minéral et à transformer cette connaissance en perspectives de développement pour le peuple et en héritage pour les générations futures

« La campagne que nous lançons aujourd’hui permettra notamment à nos jeunes géologues, à nos chercheurs et aux futurs entrepreneurs miniers congolais de disposer demain d’une information de base qu’ils auraient autrement dû acquérir au prix de campagnes d’exploration longues et particulièrement coûteuses. Nous investissons donc aujourd’hui dans la connaissance pour réduire demain le coût, le risque et le temps nécessaires à l’exploration.Cette démarche donne une expression concrète à l’ambition portée par les autorités de la République dans le secteur minier : faire de nos ressources naturelles un levier de transformation économique, de création de valeur et d’amélioration durable des conditions de vie de notre peuple. La République démocratique du Congo est reconnue pour la diversité et l’importance de son patrimoine minéral » a indiqué le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba

Pour le Ministre des Mines, cette richesse ne prend toute sa signification stratégique que lorsqu’elle repose sur une connaissance scientifiquement établie, précise et continuellement actualisée. L’objectif, dit-il, est simple : faire reculer l’inconnu, mieux orienter l’exploration et créer les meilleures conditions pour l’investissement.

« Je voudrais toutefois rappeler qu’une anomalie géophysique n’est pas un gisement. Elle constitue une indication scientifique qui doit être interprétée et, lorsque cela est nécessaire, confirmée par des travaux sur le terrain. Selon les projections techniques, cette campagne doit contribuer à faire progresser la couverture géoscientifique de 22,27 % à 46,1 %. Ce chiffre ne représente pas la proportion de notre territoire qui contient des gisements. Il représente l’élargissement de notre connaissance scientifique du sous-sol » a indiqué le Ministre des Mines

Et d’ajouter :

« Et cette connaissance est stratégique. Elle permet à l’État de mieux connaître son patrimoine, aux investisseurs de mieux apprécier les opportunités et aux Congolais de mieux préparer la valorisation de leurs propres ressources. En définitive, mieux connaître pour mieux décider, mieux explorer pour mieux valoriser, mieux valoriser pour créer davantage de valeur et d’emplois. »

De son côté, le Directeur général du Service Géologique National du Congo (SGN-C), Raoul Wazenga Vitima, a rappelé que le Service géologique national du Congo constitue le bras scientifique de l’État en matière de connaissance du sous-sol. Il a pour mission d’acquérir, de centraliser, de traiter, d’archiver, d’interpréter et de diffuser les données géologiques et minières du territoire national.

En d’autres termes, a-t-il expliqué, le Service Géologique National du Congo permet à l’État de connaître son sous-sol avant de le concéder, de l’évaluer avant de le négocier et de le valoriser avant de le transformer en richesse économique et sociale au bénéfice du peuple congolais.

« Les levés géophysiques aéroportés à haute résolution, associés aux travaux de géologie, de géochimie et d’interprétation scientifique, permettront d’améliorer substantiellement la connaissance du sous-sol dans les zones ciblées. Grâce aux technologies embarquées sur des aéronefs spécialisés, notamment la magnétométrie, la gravimétrie et la radiométrie à haute résolution, ces travaux contribueront à révéler des structures géologiques jusqu’alors peu connues, y compris dans des zones difficiles d’accès ou couvertes par une végétation dense » a-t-il expliqué lors de son intervention

Poursuivant son intervention, le Directeur général du Service Géologique National du Congo (SGN-C), Raoul Wazenga Vitima, a indiqué que ce projet constitue un investissement d’intelligence et de stratégie pour la République, avec plusieurs résultats majeurs attendus à l’issue de cette opération.

« Les résultats attendus sont majeurs, notamment : améliorer la couverture géoscientifique du territoire national ; moderniser les données disponibles ; identifier de nouvelles zones à potentiel minéral, notamment pour les substances critiques et stratégiques ; réduire le risque géologique pour les investissements responsables et mieux orienter l’exploration ; renforcer la capacité de l’État à planifier, à négocier et à organiser la valorisation de ses ressources ; mettre à la disposition des institutions nationales des données fiables, structurées et utiles à la prise de décision », a affirmé Raoul Wazenga Vitima

Le PC2G-RDC s’inscrit dans une vision nationale, inscrite dans le programme d’actions du gouvernement, visant à faire de la connaissance scientifique un levier de transformation économique et de valorisation responsable des ressources naturelles. Cette initiative doit ainsi contribuer à renforcer durablement la connaissance du territoire congolais, à préparer de nouvelles opportunités d’exploration et d’investissement et à consolider l’expertise nationale.

Pendant 36 mois, huit aéronefs seront mobilisés pour recueillir une importante quantité de données géophysiques. Les campagnes porteront notamment sur les données magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques. Ces informations doivent permettre de mieux comprendre les structures géologiques du sous-sol et d’affiner l’identification des zones présentant un potentiel minéral.

Les travaux concerneront progressivement plusieurs zones du territoire national. Dans un premier temps, ils porteront notamment sur le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu, le Grand Kasaï et le Grand Katanga. Les données acquises seront ensuite traitées, interprétées et complétées par des travaux géologiques de terrain

Clément MUAMBA