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Dialogue national en RDC : Caleb Banza appelle Tshisekedi à faire du peuple congolais la référence du processus

Photo d'illustration

Le coordonnateur de la Coalition de l’article 5 (C5), Caleb Banza, réagit aux recommandations de la MONUSCO sur le dialogue national annoncé en République démocratique du Congo. Depuis Lubumbashi, il invite le président Félix Tshisekedi à écouter les différentes composantes de la société, tout en rappelant que la souveraineté appartient au peuple congolais.

Les recommandations de la MONUSCO concernant le dialogue national constituent, pour Caleb Banza, une contribution parmi tant d’autres. Le coordonnateur de la Coalition de l’article 5 estime que le chef de l’État doit écouter les différentes voix qui s’expriment autour de ce processus, sans perdre de vue les aspirations de la population.

S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 1er octobre 2026 à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, maître Caleb Banza a réagi aux propositions de la MONUSCO portant notamment sur l’inclusivité, la facilitation et l’élargissement de l’ordre du jour du dialogue.

« Moi, je crois que le point de vue de la MONUSCO est un énième point de vue sur d’autres », a-t-il déclaré.

Pour le responsable de la C5, le président Félix-Antoine Tshisekedi devrait rester attentif aux critiques et propositions provenant aussi bien de son propre camp politique que de l’opposition, de la société civile, des confessions religieuses ou encore des partenaires internationaux.

« Le président de la République devrait accepter d’écouter toutes les critiques d’où qu’elles viennent, qu’elles viennent de son propre camp politique, qu’elles viennent de l’opposition politique, qu’elles viennent de la société civile, des églises et même des partenaires internationaux », a-t-il soutenu.

« Le seul souverain, c’est le peuple congolais »

Caleb Banza considère cette démarche d’écoute comme nécessaire pour permettre au chef de l’État de recueillir les différentes propositions avant de définir les orientations du dialogue national. Il insiste toutefois sur une limite : aucun acteur politique, institutionnel ou international ne devrait, selon lui, se substituer au peuple congolais, détenteur de la souveraineté nationale.

« De sorte qu’ils sortent la crème de la crème. Mais à lui de ne pas oublier qu’il ne rend compte à aucun des participants si ce n’est qu’au peuple congolais. Ce n’est pas la MONUSCO, ce n’est pas l’opposition politique, ce n’est pas l’Union sacrée ou l’UDPS, ce ne sont pas les églises, encore moins la société civile, ce n’est même pas la Coalition de l’article 5. Le seul patron dans ce pays, le seul souverain, c’est le peuple congolais », a affirmé le coordonnateur de la C5.

Il estime ainsi que les recommandations formulées par les partenaires internationaux peuvent être examinées, mais ne sauraient se substituer aux aspirations des Congolais.

« Ce n’est pas parce que la MONUSCO a fait des propositions ou a lancé une sonnette d’alarme qu’elle vient se substituer au peuple congolais », a-t-il ajouté.

La C5 plaide pour des consultations à la base

Dans cette perspective, la Coalition de l’article 5 défend une approche du dialogue national fondée sur une large participation de la population. Elle souhaite notamment que des consultations soient organisées dans les différentes provinces du pays afin de permettre aux Congolais de faire remonter directement leurs préoccupations.

Pour Caleb Banza, ces consultations devraient notamment porter sur les questions liées à la sécurité, à l’emploi, aux infrastructures, à l’éducation, à la santé et au développement.

La C5 estime ainsi que le dialogue national devrait partir des réalités vécues par la population et permettre de recueillir les préoccupations exprimées à la base avant les grandes orientations nationales.

José Mukendi