James Christopher Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a appelé les acteurs congolais à privilégier le dialogue et la recherche du consensus pour surmonter les divergences politiques qui persistent dans le pays, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23 dans l’Est de la RDC.
Il s’exprimait ce mardi 29 septembre 2026 lors du briefing trimestriel du Conseil de sécurité des Nations Unies consacré à la situation en République démocratique du Congo.
James Christopher Swan a notamment relevé la persistance de divergences politiques sur certaines questions liées à la gouvernance et aux réformes institutionnelles. Selon le chef de la MONUSCO, un consensus se dégage néanmoins au sein du pays sur la nécessité d’engager un dialogue national.
« Parallèlement à la crise sécuritaire et humanitaire qui continue d’affecter le pays, des divergences politiques persistent sur certaines questions liées à la gouvernance et aux réformes institutionnelles. Face à cette situation, un large consensus se dégage au sein du pays quant à la nécessité d’engager un dialogue national. Dans ce contexte, je salue l’annonce faite en août par le Président Tshisekedi concernant le lancement d’un processus visant à organiser ce dialogue », a-t-il déclaré devant les membres du Conseil de sécurité.
James Swan a insisté sur la nécessité de mettre en place un processus ouvert à l’ensemble des parties prenantes et susceptible de favoriser la recherche d’un consensus sur les principales questions auxquelles le pays est confronté. Le chef de la MONUSCO a également appelé les différents acteurs politiques et sociaux congolais à s’engager de bonne foi dans ce processus.
« J’encourage la mise en place d’un dialogue inclusif garantissant une large participation, reposant sur des facilitateurs bénéficiant de la confiance de l’ensemble des parties prenantes et permettant d’aborder en profondeur les priorités nationales les plus urgentes. En outre, j’encourage l’ensemble des acteurs congolais à s’engager de bonne foi dans la recherche d’un consensus et à privilégier le dialogue pour surmonter leurs divergences », a-t-il poursuivi.
Il a également insisté sur la nécessité de préserver l’espace civique et de garantir les libertés fondamentales, notamment dans le contexte des processus politiques en cours.
« J’exhorte les autorités et l’ensemble des Congolais à préserver l’espace civique, à garantir les libertés fondamentales et à faire preuve de retenue et de tolérance politique afin de créer les conditions propices à une participation inclusive aux processus politiques et de paix », a-t-il recommandé dans son discours.
En RDC, la question de la tenue du dialogue national divise, alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour parvenir à une solution politique au conflit dans l’Est du pays. Les différentes prises de position de la classe sociopolitique congolaise illustrent la profondeur de la méfiance entre les différentes parties, tandis que des appels sont régulièrement lancés en faveur d’un dialogue national inclusif prenant en compte l’ensemble des composantes de la crise congolaise.
Pour Kinshasa, la crise dans l’Est de la RDC est avant tout sécuritaire et résulte de ce que les autorités congolaises qualifient d’agression de la République démocratique du Congo par le Rwanda. Félix Tshisekedi conditionne notamment la participation au dialogue national à la reconnaissance de cette question par les différentes parties. Le chef de l’État inscrit, pour sa part, les discussions avec l’AFC/M23 dans le cadre du processus de Doha, tandis que la question des relations entre Kinshasa et Kigali relève du processus de Washington, sous l’égide des États-Unis d’Amérique.
Félix Tshisekedi a déjà signé l’ordonnance portant mise en place du Comité préparatoire au dialogue national. La prochaine étape consiste désormais à désigner les animateurs de cette structure. Bien que contesté par la C64 et l’AFC/M23, qui le considèrent comme une « escroquerie », le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, avait annoncé dès le mois d’août l’ouverture officielle du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Selon le chef de l’État, ce processus, inédit dans son format et limité à une durée maximale de trois mois, vise notamment à s’attaquer aux causes structurelles de l’instabilité du pays. Félix Tshisekedi a ainsi marqué sa volonté de rompre avec l’approche des précédents dialogues, qu’il considère comme ayant souvent débouché sur de simples arrangements politiques. Il a insisté sur la nécessité de privilégier la construction et la consolidation de l’État.
L’une des particularités annoncées de ce dialogue réside dans son ancrage territorial, affirme Félix. Selon lui, le processus doit débuter par des consultations dans les provinces avant la tenue des assises nationales à Kinshasa
Clément MUAMBA