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« Je n'étais pas au Katanga pour traiter ce problème-là » : Katebe Katoto esquive la question Kabila-Katumbi

Moise Katumbi et Joseph Kabila

Invité mardi 29 septembre du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, la personnalité politique katangaise est revenue sur les consultations qu'il a menées à Lubumbashi à la demande du chef de l'État. Il affirme avoir transmis l'intégralité des revendications recueillies, sans en retrancher aucune, mais se garde de tout engagement sur leur traitement.

Deux jours après avoir remis son rapport au président Félix Tshisekedi, Raphaël Katebe Katoto a tenu à préciser les contours de la mission qui lui avait été confiée dans l'espace Grand Katanga. Pendant ses consultations à Lubumbashi, explique-t-il, les échanges avec les délégations ont porté sur trois axes : le quotidien de la communauté, la sécurité et la cohabitation. C'est sur cette base que les délégations venues à sa rencontre ont formulé leurs doléances et les ont mises par écrit, à l'intention du président de la République.

« Je n'ai rien écarté ni soustrait »

Interrogé sur d'éventuelles revendications qu'il aurait jugées excessives et refusé de porter, l'émissaire a été catégorique. Il dit ne pas s'être posé en arbitre des demandes. « J'étais là pour récolter les revendications et les présenter à qui de droit, qui est le chef de l'État », a-t-il insisté. Selon lui, tout ce que les délégations lui ont présenté a été remis au président, « qui est le destinataire ».

Le sentiment de marginalisation des Katangais dans la gestion du pays, souvent exprimé par des ressortissants de l'espace Grand Katanga, a bien été porté à sa connaissance. Katebe Katoto ne le conteste pas. « Nous sommes dans une démocratie, et dans la vraie démocratie, chacun revendique son droit », a-t-il déclaré, en confirmant que des revendications allant dans ce sens figurent dans les documents remis dimanche au chef de l'État. Il reconnaît d'ailleurs que les demandes sont nombreuses et dépassent ce seul sujet.

Les mines et la sous-traitance au cœur des attentes

Parmi les revendications les plus récurrentes, l'invité du Space live cite la sous-traitance dans le secteur minier, un enjeu sensible dans une région qui concentre l'essentiel de la production de cuivre et de cobalt du pays. La sécurité figure également en bonne place. Mais pour Raphaël Katebe Katoto, l'essentiel se résume en une idée : « Les Katangais, en résumé, c'est leur quotidien qui les préoccupe. »

Kabila et Katumbi hors du champ de la mission

La question du sort des leaders politiques originaires de la province, dont certains vivent aujourd'hui en exil, à l'instar de l'ancien président Joseph Kabila et de l'opposant Moïse Katumbi, a été soigneusement évitée. « Je n'étais pas au Katanga pour traiter tout ce problème-là », a-t-il répondu, en ramenant la discussion aux trois axes de sa mission. Une réponse qui laisse de côté l'une des lectures politiques les plus répandues du malaise katangais.

Ni calendrier ni mécanisme de suivi

Sur la suite réservée à son rapport, l'émissaire est resté prudent. Il rappelle qu'il s'adressait au chef de l'État et qu'il ne lui revenait pas d'exiger des réponses point par point. Le président, raconte-t-il, a pris connaissance du résumé de son rapport, a récupéré l'ensemble des documents et les étudiera. « Je ne pouvais pas, moi, lui dire : monsieur le Président, donnez-moi la solution sur tel ou tel point », a-t-il expliqué. Félix Tshisekedi analysera lui-même le dossier, ou avec ses services, avant de revenir « vers moi ou vers la population directement ».

Aucun calendrier, aucun engagement précis ni aucun dispositif de suivi n'a donc été annoncé à ce stade. Pour les populations du Grand Katanga, qui ont exprimé leurs attentes lors de ces consultations, l'issue dépend désormais entièrement de la présidence.