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Dialogue national : "Nos deux Églises ne vont pas s'engager dans une affaire pour aller perdre le prestige de leur existence", affirme le pasteur Eric Nsenga

Mgr Donatien Nshole et Rév Eric Nsenga

Interrogé lundi, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, sur la sincérité de l'engagement du président Félix Tshisekedi dans le processus de dialogue, le pasteur Eric Nsenga a d'emblée relativisé la pertinence de cette question. « De la sincérité ou de l'engagement du président, vous savez, c'est un terrain politique. La vérité est que l'intention politique n'est pas forcément l'intention morale ou spirituelle. En politique, ce sont des calculs », a-t-il expliqué, ajoutant que vérifier les intentions d'un acteur politique serait « franchement irréaliste », ces dernières évoluant selon les intérêts du moment.

Pour le pasteur médiateur, l'enjeu véritable réside ailleurs : « Le plus important, c'est comment nous mettons en place un mécanisme de sécurisation collective. C'est ce qui est important. » Il a par ailleurs tenu à recadrer la nature du dialogue à venir : « Il ne faut pas considérer ce processus comme le processus du président Tshisekedi. Il a simplement les prérogatives constitutionnelles de convoquer […] parce qu'il est le garant de la nation. Mais c'est le processus des Congolais, de vous et moi et les autres. »

C'est en évoquant le rôle des confessions religieuses dans cette médiation que le pasteur Nsenga a livré la formule la plus marquante de son intervention : « Nos deux Églises, qui ont une respectabilité, une notoriété nationale et internationale, ne vont pas s'engager dans une affaire pour aller perdre le prestige de leur existence. » Il en a déduit que si les Églises s'engagent dans ce processus, c'est qu'il y a « un sens des mesures, un sens des prudences, un sens d'objectivité et aussi des responsabilités pastorales ».

Le pasteur a enfin affirmé qu'il existe, dans une « nation foncièrement croyante », des dimensions de la crise que « ni les politiciens, ni l'armée, ni l'Occident, ni les Nations Unies, ni Doha, ni Washington » ne peuvent résoudre, mais qui « ne peuvent se solutionner que sur l'autel de Dieu ». Il a invité à appréhender le processus en cours non seulement sous son angle matériel et logistique, mais aussi sous ses dimensions morale, spirituelle et historique.