Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), a réagi ce lundi 12 octobre à la création à Goma du Front pour la Refondation de la Nation, présidé par Joseph Kabila. Il s'est exprimé lors du Space live sur X organisé par Stanis Bujakera Tshiamala et a dit prendre la parole « en tant que citoyen » et non au nom de l'institution. Il a qualifié l'annonce de « bouleversante » et de « très décevante » de la part d'un homme qui a dirigé le pays pendant 18 ans et dont la Constitution porte le nom.
Selon lui, ce texte consacre les urnes comme seule voie d'accès au pouvoir et tourne le dos à la violence. « Je ne peux pas m'imaginer une seule seconde que la personne qui nous a offert cette Constitution soit la même qui la foule aux pieds », a-t-il déclaré, évoquant « un recul de plus de 30 ans ». Il juge la situation sans précédent et la compare à l'hypothèse de Barack Obama ou de Nicolas Sarkozy prenant les armes contre leur propre pays. « Dans une république, la sanction de la mauvaise gouvernance, c'est de ne plus voter pour ceux qui ont mal géré », a-t-il ajouté.
S'exprimant ensuite comme président du CSAC, Christian Bosembe a indiqué qu'il aurait déjà convoqué une plénière extraordinaire pour prendre des « mesures urgentes ». Il a rappelé que les groupes armés, qualifiés de « forces négatives », n'ont pas droit à la parole dans les médias congolais depuis le début de la guerre. Faut-il étendre cette mesure à l'ancien président ? Ce serait « à cœur saignant », a-t-il répondu, si la plénière le décide.
Interrogé sur l'application automatique au nouveau mouvement de l'interdiction visant l'AFC/M23, il a estimé que la question devait encore être « travaillée » et « mûrie » en plénière.