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Choléra: avec le retour des pluies, MSF redoute les risques de contamination des sources d’eau à Popokabaka

Service infographie ACTUALITE.CD

À Popokabaka, dans la province du Kwango, Médecins Sans Frontières met en garde contre les risques de contamination des sources d’eau à l’approche de la saison des pluies, alors que l’épidémie de choléra continue de sévir dans cette partie de l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC). MSF appelle à renforcer l’accès à l’eau potable ainsi que les infrastructures d’hygiène et d’assainissement pour limiter la propagation de la maladie.

L’organisation souligne dans un communiqué du 7 octobre, que les fortes pluies pourraient accroître les risques de contamination des points d’eau, notamment lorsque les infrastructures d’assainissement sont insuffisantes et que les sources d’eau ne sont pas suffisamment protégées.

Depuis juin 2026, la zone de santé de Popokabaka fait face à une épidémie de choléra. Au 22 juillet, 345 cas suspects et 21 décès avaient été rapportés dans 26 des 35 aires de santé de la zone, soit un taux de létalité de 6,1 %, selon les données communiquées par MSF.

Les conditions d’accès à l’eau potable et à l’assainissement constituent des facteurs de risque importants. Selon une évaluation réalisée par ses équipes, 61 % de la population disposent de moins de 15 litres d’eau potable par personne et par jour. Seuls 38 % disposent de latrines fonctionnelles, tandis que la défécation à l’air libre reste largement pratiquée.

« La saison des pluies peut rendre la situation encore plus difficile lorsque les sources d’eau ne sont pas suffisamment protégées et que les infrastructures d’assainissement sont limitées. Il faut agir maintenant pour réduire les risques, renforcer l’accès à l’eau potable et rapprocher les services de santé des communautés qui en ont besoin », indique le docteur Materne Cirimuanua, responsable médical de l’intervention à Popokabaka.

Une partie importante de la population dépend également des rivières pour ses besoins quotidiens en eau. Cette situation expose les communautés aux risques de contamination, le choléra se transmettant principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.

Face à cette situation, MSF appuie le ministère de la Santé dans la prise en charge des malades, la surveillance épidémiologique et les activités liées à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement.

L’organisation a notamment installé un centre de traitement du choléra à l’Hôpital général de référence de Popokabaka, quatre unités de traitement dans des aires de santé et 31 points de réhydratation orale. Depuis le début de son intervention, 450 patients ont été pris en charge, dont 175 à l’Hôpital général de référence de Popokabaka.

Pour réduire les risques de contamination, MSF a également mis en place 36 points de chloration orale. Toutefois, l’organisation estime que ces mesures ne suffisent pas à répondre à l’ensemble des besoins de la population et appelle à des efforts supplémentaires pour garantir un accès durable à l’eau potable.

L’épidémie sévit par ailleurs dans un contexte humanitaire fragile, marqué par les violences du conflit intercommunautaire dit « Mobondo », qui ont provoqué des déplacements de population dans l’ouest de la RDC. La zone a également accueilli plus de 2 000 Congolais refoulés d’Angola.

Médecins sans frontières insiste sur la nécessité d’agir avant que les pluies ne compliquent davantage la situation, en renforçant les mesures de prévention, l’accès à l’eau potable et les infrastructures d’assainissement. L’organisation appelle également à une meilleure coordination entre les acteurs impliqués dans la réponse afin de réduire durablement les risques de nouvelles contaminations.

Josué Mutanava