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RDC: Ebola, conflits, déplacements et concurrence pour les ressources naturelles, l’ONU alerte sur un « douloureux enchevêtrement de crises »

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Le dialogue interactif renforcé sur le rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur la République démocratique du Congo organisé à l’occasion de la 63e session du Conseil des droits de l’homme à Genève en Suisse n’a pas manqué d’aborder la question de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en RDC, dans un contexte sécuritaire et humanitaire préoccupant, marqué par l’activisme des groupes armés et la poursuite des hostilités impliquant la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda dans l’Est de la RDC

Pour la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, cette situation place la population congolaise dans un « douloureux enchevêtrement de crises » à la fois sanitaires et sécuritaires. Dans son discours prononcé vendredi 2 octobre 2026, Awa Dabo a présenté cette épidémie comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Selon elle, elle continue de faire de nombreuses victimes dans plusieurs provinces de l’Est de la RDC

« Le peuple de la RDC est pris dans un douloureux enchevêtrement de crises : l’épidémie du virus Ebola ; des décennies de conflits violents et de déplacements massifs de populations ; et la concurrence pour l’exploitation des ressources naturelles du pays. L’épidémie du virus Ebola, la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, continue de faire de nombreuses victimes, notamment dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu », a déploré la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo

D’après les derniers chiffres, a-t-elle rappelé, l’épidémie a dépassé les 8 000 cas confirmés, avec plus de 3 900 décès. Selon elle, cette situation est venue aggraver un système de santé national déjà fragilisé par les conflits et l’absence d’investissements dans ce secteur stratégique de la vie nationale, rendant difficile le suivi des cas et des contacts liés à l’épidémie d’Ebola.

« L’épidémie a encore accentué la pression sur des systèmes de santé déjà fragilisés par des décennies de conflit et un sous-investissement chronique dans les services publics. Le manque de financement et l’insécurité persistante entravent les efforts déployés pour atteindre les communautés, dépister les cas et retracer les contacts. Les griefs de longue date à l’égard des institutions publiques et des organisations humanitaires internationales ont également des répercussions sur la réponse sanitaire », a déploré la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo

Poursuivant son intervention, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, est également revenue sur les différentes difficultés qui entourent la riposte contre la maladie à virus Ebola. Au-delà de la désinformation, elle a notamment évoqué les menaces de mort, les attaques contre le personnel et les établissements de santé, ainsi que les tentatives d’entrave aux funérailles et les assassinats

« Ceux qui tentent de contenir la maladie sont eux-mêmes la cible d’attaques, souvent alimentées par la désinformation concernant le virus. Au 11 septembre 2026, notre bureau avait recensé au moins 36 menaces de mort, attaques contre le personnel et les établissements de santé, et tentatives d’entrave à des funérailles. L’assassinat récent d’un homme politique après une intervention radiophonique visant à sensibiliser le public à Ebola illustre à quel point la peur et la désinformation peuvent être mortelles », a-t-elle fait remarquer dans son discours

À cette occasion, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Awa Dabo, a également rappelé l’importance d’une stratégie communautaire. Selon elle, celle-ci constitue un élément essentiel pour garantir la confiance entre les populations concernées et les acteurs de la riposte

« Un engagement soutenu auprès des communautés, fondé sur la transparence, l’équité et le respect des droits de chacun, est essentiel pour rétablir la confiance » a insisté Awa Dabo lors de son intervention

La progression du virus intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations, d’importants mouvements de personnes et des capacités limitées dans certaines structures de santé. À ces difficultés s’ajoutent les problèmes de confiance et d’adhésion de certaines communautés aux interventions sanitaires, susceptibles de compliquer la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, l’identification rapide des cas et la prise en charge des personnes infectées

Clément MUAMBA


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