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Ebola: «Les virus ne connaissent pas les frontières et il faut les éradiquer à la racine, là où ils surgissent »(Jean-Noël Barrot )

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Ayant une mission qui revêt une triple dimension selon le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères à savoir une dimension à la fois diplomatique, humanitaire et sanitaire, Jean-Noël Barrot a activé les volets humanitaire et sanitaire en se rendant samedi 3 octobre 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) au cœur de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola que connaît le pays. Cette visite intervient alors que l’épidémie a franchi le seuil de 4 000 décès pour plus de 8 000 cas, près de cinq mois après sa déclaration officielle en RDC

Sur place, a-t-on appris de la presse locale, le chef de la diplomatie française s’est rendu au centre de traitement Ebola de Rwampara où interviennent des équipes médicales et humanitaires. Le centre, géré par l’ONG française ALIMA, participe également à des activités de recherche et à des essais thérapeutiques liés à l’épidémie. Le ministre a également visité le laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) accompagné du professeur Jean-Jacques Muyembe, figure majeure de la recherche congolaise sur Ebola

D’entrée de jeu, il était question pour Jean-Noël Barrot de mettre en exergue le travail réalisé conjointement par son pays, la France, les autorités congolaises, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires et les équipes médicales face à une épidémie d’Ebola qu’il qualifie de « la plus meurtrière de l’histoire de la République démocratique du Congo et la deuxième la plus grave dans l’histoire du monde », et qui touche également des enfants parmi ses victimes

« Bunia, c’est aussi le centre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola, coordonnée par les autorités congolaises. Et si nous sommes parvenus collectivement  autorités congolaises, organisations des Nations unies, ONG humanitaires  à contenir cette épidémie, à éviter qu’elle ne se propage dans d’autres régions, dans de grands centres urbains de la République démocratique du Congo et au-delà, jusque dans des territoires ultramarins français ou jusqu’en Europe, c’est notamment grâce au soutien de la France, aux chercheurs, travailleurs humanitaires, personnels soignants qui se mobilisent sans relâche depuis des mois pour faire face à cette épidémie dévastatrice », a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, devant la presse présente à Bunia

Accompagné du professeur Jean-Jacques Muyembe, dont l’expertise sur le virus Ebola constitue l’un des piliers de cette coopération scientifique, le chef de la diplomatie française a rappelé que l’intervention de son pays en RDC ne se limite pas à la réponse immédiate à l’épidémie. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention, de recherche et de renforcement des capacités sanitaires, en s’attaquant au virus à sa source

« Si je suis aujourd’hui à Bunia, c’est notamment pour témoigner de ce soutien de la France et pour annoncer que nous entendons le renforcer, de manière à venir à bout de cette épidémie d’Ebola, parce que les virus ne connaissent pas les frontières et qu’il faut les éradiquer à la racine, là où ils surgissent. Je veux dire aussi ma fierté de constater que, face à cette épidémie, ce sont des chercheurs français, mais aussi des travailleurs humanitaires français, des associations françaises qui sont en première ligne », a affirmé le chef de la diplomatie française

Pour ce membre du gouvernement français, cette visite et les efforts de la France en soutien aux autorités congolaises face à l’épidémie s’inscrivent dans un contexte plus large : celui d’une mobilisation conjointe et partenariale franco-congolaise pour lutter contre les épidémies successives du virus Ebola. À cet égard, il a évoqué la Conférence nationale humanitaire (CNH), principale enceinte française de concertation, de réflexion et de dialogue, réunissant l’ensemble des acteurs de l’action humanitaire, notamment les ONG, les organisations internationales, les bailleurs humanitaires, les parlementaires, l’État et les fondations d’entreprises. Créée en 2011, la nouvelle session de la CNH aura lieu mardi 6 octobre 2026 à Paris, en France

« Je pense en particulier au programme PRISM qu’avait lancé le président de la République lors de sa visite en 2023, en s’appuyant sur l’expertise mondialement reconnue du professeur Muyembe, qui m’accompagne aujourd’hui à Bunia lors des différentes étapes de cette visite. Je pense évidemment à la conférence nationale humanitaire qui se tiendra à Paris, qui s’ouvrira mardi prochain et qui sera l’occasion pour nous de continuer à renforcer cette dimension de l’action internationale de la France », a affirmé le chef de la diplomatie française

La République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, provoquée par le virus Bundibugyo. Déclarée officiellement en mai 2026 dans la province de l’Ituri, cette nouvelle flambée s’est progressivement étendue à plusieurs provinces du pays faisant de cette épidémie une crise sanitaire d’ampleur nationale

La progression du virus intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations, d’importants mouvements de personnes et des capacités limitées dans certaines structures de santé. À ces difficultés s’ajoutent les problèmes de confiance et d’adhésion de certaines communautés aux interventions sanitaires, susceptibles de compliquer la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, l’identification rapide des cas et la prise en charge des personnes infectées

Clément MUAMBA


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