La députée nationale Dominique Munongo Imamizi a, à l’instar de ses collègues de l’opposition, rejeté la demande du bureau de l’assemblée nationale invitant les élus à fournir des preuves, notamment des photos et des vidéos, ainsi que les coûts de leurs réalisations durant les vacances parlementaires dans leurs circonscriptions électorales respectives. L’ancienne rapporteure adjointe de la chambre basse du parlement estime que cette démarche risque de brouiller les responsabilités constitutionnelles du parlement et de l’exécutif.
Dans sa déclaration, alors que cette question suscite de nombreux commentaires au sein de la classe politique, l’élue de Lubudi, dans la province du Lualaba, considère que l’initiative du bureau dirigé par Aimé Boji Sangara risque d’entretenir « une confusion sur la mission constitutionnelle du député et sur les responsabilités respectives du Parlement et de l’Exécutif ».
Reconnaissant les nombreuses sollicitations auxquelles les élus font face dans leurs circonscriptions électorales, Dominique Munongo explique que les interventions personnelles des députés en faveur de leurs électeurs relèvent davantage de la solidarité que des réalisations parlementaires proprement dites. Elle estime que ces initiatives ne sauraient constituer un indicateur de leur efficacité en tant que représentants du peuple.
« Lorsqu'un député doit financer sur ses propres ressources une école, des soins ou d'autres besoins essentiels, cela devrait surtout nous interroger sur la capacité de l'État à remplir ses obligations. Notre responsabilité de parlementaires n'est pas de nous substituer à l'Exécutif, mais notamment de le contrôler et d'exiger de lui que les ressources publiques produisent des écoles, des routes, des hôpitaux et des services accessibles à tous », écrit-elle.
Cette démarche du bureau de l’Assemblée nationale suscite des réactions divergentes au sein de la classe politique. Aimé Boji Sangara a défendu l’initiative visant à mettre en lumière les réalisations des députés, y compris celles qui ne sont pas prises en charge par l’État.
Cette justification contraste avec les réserves exprimées par plusieurs élus de l’opposition, qui estiment que la construction des infrastructures et la fourniture des services publics relèvent avant tout des responsabilités de l’Exécutif.
Pour Dominique Munongo, les initiatives personnelles des élus, motivées par la solidarité envers leurs électeurs, ne doivent donc pas être confondues avec leurs missions parlementaires.
Elle rappelle que le rôle des députés consiste notamment à contrôler l’action du gouvernement et à exiger de celui-ci qu’il assume ses responsabilités en matière de construction des écoles, des routes, des hôpitaux et de fourniture des services publics.
Samyr LUKOMBO