Le Prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege a appelé une nouvelle fois, à une justice transitionnelle pour les victimes des massacres perpétrés le 6 octobre 1996 à Lemera, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu par les troupes rebelles de l’AFDL. Dr Mukwege était alors médecin directeur de l'hôpital de Lemera.
Considéré comme épicentre de la guerre vécue en RDC depuis près de 30 ans, Lemera est le centre de la chefferie des Bafuliro.
« Le 6 octobre, Lemera a marqué le début d'un cycle dont nous subissons encore les conséquences, le 6 octobre 2026, doit être l'occasion d'une rupture », a rappelé, il y a quelques jours, le docteur Denis Mukwege.
Selon le rapport Mapping de l’ONU, le massacre de Lemera a coûté la vie à 37 personnes parmi lesquelles, des patients et quelques membres du personnel médical.
« Le temps est venu pour les autorités congolaises d'adopter et de mettre en œuvre une stratégie nationale holistique de justice transitionnelle avec l'appui des Nations Unies et de ses partenaires internationaux », a indiqué Mukwege.
La rébellion de l’AFDL qui a chassé Mobutu du pouvoir est partie de Lemera avant de s'étendre sur tout le territoire congolais.
Pour le prix Nobel de paix 2018 « à l'instar de toutes les populations martyres, les droits des Congolais à la justice, à la vérité à des réparations et à des garanties de non répétition doivent être réalisés ».
Au Sud-Kivu, l'actuel hôpital de Panzi est l'héritage de l'hôpital de Lemera dans les hauts plateaux d'Uvira.
Inventorié parmi les 617 incidents dans le rapport Mapping, les victimes ont toujours réclamé justice surtout avec les récents affrontements entre les éléments de l'AFC/M23/Red Tabara et Twirwaheno contre les FARDC/Wazalendo qui se sont étendus jusqu'à Mulenge et ses environs.