L’Association africaine de défense des droits de l’Homme (ASADHO) à travers son président national, Maître Jean-Claude Katende a pris part vendredi 2 octobre, au dialogue interactif sur la situation en République démocratique du Congo à l’occasion de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.
Présentant la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo dans un contexte où le pays est presque divisé avec d’une part une partie gérée depuis Kinshasa et d’autre part une partie contrôlée par la rébellion de l’AFC/M23, Jean-Claude Katende a fait état d’une situation préoccupante dans ces deux zones où des cas de violations des droits de l’homme sont régulièrement rapportés. Il a précisé que la République démocratique du Congo connaît une guerre qu’il qualifie d’« injuste » et qui selon lui, est imposée par le Rwanda
« Une guerre que nous dénonçons au vu des nombreuses violations des droits de l’homme qui y sont commises. Dans ce contexte de guerre, la situation des droits de l’homme est différemment vécue selon que l’on se trouve dans les territoires occupés ou dans ceux non occupés. Dans les territoires occupés, notre organisation reste préoccupée par les exactions commises contre les civils, particulièrement contre les femmes et les enfants, par toutes les forces impliquées dans les conflits armés, en violation de l’accord de paix signé entre le Rwanda et le Congo », a dénoncé Maître Jean-Claude Katende.
M. Katende précise que dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23, les journalistes et les défenseurs des droits humains sont régulièrement harcelés. À cela, dit-il, s’ajoute l’augmentation des cas de violences sexuelles.
« Certains y ont perdu la vie, alors que d’autres ont été contraints de fuir vers d’autres villes du pays ou de partir à l’étranger. Nous restons aussi préoccupés par le nombre de plus en plus grand de victimes de violences sexuelles et par la recrudescence des violations des droits humains liées directement à l’exploitation illégale des ressources naturelles », a-t-il ajouté.
S’agissant des zones sous contrôle du gouvernement de la République, cet activiste des droits de l’homme pointe du doigt le rétrécissement de l’espace public, illustré notamment par la répression des différentes manifestations de l’opposition C64.
« Dans les territoires non occupés, notre organisation reste préoccupée par la restriction de l’espace civique, marquée par des atteintes régulières aux libertés d’expression, de réunion et de manifestation pacifique. À Kinshasa, deux manifestations de l’opposition, les 12 juin et 15 septembre 2026, ont été dispersées, faisant de nombreux blessés. Dans les autres villes du pays, ces manifestations ont été tout simplement interdites » a-t-il fait remarquer.
Jean-Claude Katende a pointé du doigt deux services étatiques qui, selon lui, s’illustrent dans les violations des droits de l’homme dans les zones sous contrôle du gouvernement congolais.
« Nous sommes aussi préoccupés par les arrestations et détentions arbitraires opérées par l’Agence nationale de renseignements et le Conseil de cyberdéfense », s’est-il alarmé.
Ce tableau présenté par cette organisation de défense des droits de l’homme intervient dans un contexte où, en dépit des initiatives diplomatiques de Washington et de Doha, la situation sécuritaire peine à s’améliorer sur le terrain. La rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, poursuit sa gestion parallèle de vastes pans du territoire national et continue d’être accusée de violations des droits de l’homme comme le rapporte notamment le dernier rapport d’Amnesty International.
Parallèlement, dans les zones sous contrôle de Kinshasa, les manifestations de la coalition C64, qui réclame notamment le respect de la Constitution et la tenue d’un dialogue national inclusif, se multiplient. Selon cette organisation de l’opposition congolaise, ces manifestations sont généralement réprimées. À cette situation s’ajoutent les divergences de vues autour de l’initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi, dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo
Clément MUAMBA