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RDC-Ebola: « les 30 centimes par Français sont indispensables pour protéger les Congolais et les Français » (Jean-Noël Barrot)

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Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a séjourné la semaine dernière en République démocratique du Congo (RDC) où il s’est rendu à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, important foyer de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola que connaît le pays. Au terme de son déplacement, le chef de la diplomatie française a fait le point sur les principaux enjeux abordés au cours de cette visite, notamment la riposte contre Ebola et le financement de l’aide humanitaire.

Alors que l’aide humanitaire fait face à des critiques à l’échelle mondiale, dans un contexte de baisse des financements humanitaires dans le monde, Jean-Noël Barrot a d’abord défendu la nécessité de maintenir l’aide humanitaire française, même si cette aide fait, selon lui, l’objet de critiques politiques dans plusieurs régions du monde y compris en France.

« Je veux dire ici que les 30 centimes par Français que constituent l’aide humanitaire et l’aide plus généralement apportée par la France dans la lutte contre le virus d’Ebola, ici en République démocratique du Congo, sont indispensables non seulement pour protéger les Congolaises et les Congolais de ce fléau, mais également pour protéger les Françaises et les Français. Puisque les virus ne connaissent pas les frontières et vous ne pouvez vous en prémunir qu’à la condition de les éradiquer là où ils surgissent, si loin que cela puisse être du territoire national », a affirmé Jean-Noël Barrot.

Rappelant le contexte actuel, le chef de la diplomatie française a indiqué que cette région orientale de la République démocratique du Congo, meurtrie par des conflits depuis des années et des décennies, auxquels s’ajoutent les épidémies d’Ebola, est également marquée par les violences sexuelles contre des femmes et des filles.

« C’est pourquoi j’ai tenu à me déplacer dans un centre d’accueil des victimes de violences sexuelles liées au conflit, l’association SOFEPADI, Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral, avec laquelle la France travaille depuis des années, qui accueille ces victimes de violences et qui leur offre un accès aux soins, à l’aide psychologique, à la justice et à la réintégration sociale et économique » a-t-il souligné.

Le ministre est également revenu sur le protocole signé avec le ministère de la Justice et Garde des Sceaux, portant sur le renforcement de la coopération avec les autorités congolaises dans le domaine de la justice pour les victimes de violences sexuelles.

« À Kinshasa, avec le ministre de la Justice, nous avons signé un protocole qui va nous permettre de continuer à soutenir cette association avec un projet dédié à l’accès à la justice, pour faciliter les audiences foraines, c’est-à-dire le déplacement de magistrats dans les communautés et dans les villages, pour que justice puisse être rendue et que les femmes victimes de violences puissent obtenir réparation des dommages très profonds qu’elles ont subis ».

Pour lui, la lutte contre les violences sexuelles constitue un volet essentiel de l’action en faveur de la paix dans l’est de la RDC. Il a également insisté sur le lien entre justice et consolidation de la paix.

La République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, provoquée par le virus Bundibugyo. Déclarée officiellement en mai 2026 dans la province de l’Ituri, cette nouvelle flambée s’est progressivement étendue à plusieurs provinces du pays. Selon les autorités sanitaires et leurs partenaires, sept provinces et plus de 60 zones de santé sont désormais touchées, faisant de cette épidémie une crise sanitaire d’ampleur nationale.

La progression du virus intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements de populations, d’importants mouvements de personnes et des capacités limitées dans certaines structures de santé. À ces difficultés s’ajoutent les problèmes de confiance et d’adhésion de certaines communautés aux interventions sanitaires, susceptibles de compliquer la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, l’identification rapide des cas et la prise en charge des personnes infectées

Clément MUAMBA