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Est de la RDC: le Conseil de sécurité de l'ONU prend note du protocole Kinshasa-FDLR et appelle à sa mise en œuvre rapide pour neutraliser les FDLR

Photo ACTUALITE.CD

La France a officiellement cédé, jeudi 1er octobre, la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies à la Grèce appelée à conduire les travaux du Conseil pour le mois d’octobre. Après avoir succédé au Danemark, la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies (P5), aux côtés des États-Unis, de la Chine, du Royaume-Uni et de la Russie, cède ainsi le fauteuil à la Grèce, conformément à l’ordre alphabétique anglais qui régit la rotation mensuelle entre les quinze membres du Conseil.

La présidence française s’est achevée avec le briefing trimestriel consacré à la situation en République démocratique du Congo (RDC) au cours duquel les membres du Conseil de sécurité ont entendu l’exposé de James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et Chef de la MONUSCO. Au sujet de la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), au cœur des tensions entre Kinshasa et Kigali et constituant l’un des engagements sécuritaires contenus dans l’accord de paix signé entre les deux pays sous les auspices des États-Unis d’Amérique, le Conseil de sécurité a indiqué avoir pris note du protocole d’accord présenté par la RDC concernant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR.

C’est dans ce cadre que, selon Jérôme Bonnafont, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à New York, les membres du Conseil de sécurité appellent à la mise en œuvre rapide de ce protocole en vue de parvenir à la neutralisation des FDLR. Selon le diplomate français, cette démarche vise à se conformer à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité au lendemain de l’occupation des villes de Goma, dans le Nord-Kivu, et de Bukavu, dans le Sud-Kivu, par la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, dans l’Est de la RDC.

« Les membres du Conseil de sécurité ont exigé la mise en œuvre intégrale, immédiate et inconditionnelle de la résolution 2773 de 2025. Les membres du Conseil de sécurité ont pris note du protocole et appelé à sa mise en œuvre rapide afin de parvenir à une neutralisation effective des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), conformément à la résolution 2773 », a déclaré Jérôme Bonnafont, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies.

Alors que le mandat de la MONUSCO arrive à expiration en décembre 2026, Kinshasa, via la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la Diaspora, Thérèse Kayikwamba Wagner, a saisi l’ONU afin d’intégrer au prochain mandat de la MONUSCO un volet d’appui renforcé destiné à accompagner la mise en œuvre de ce protocole avec les FDLR. Le Conseil de sécurité a pris acte de cette correspondance.

« Les membres du Conseil de sécurité ont pris note de la lettre datée du 24 septembre 2026 émanant de la République démocratique du Congo concernant le processus de désarmement, de démobilisation, de cantonnement et de rapatriement des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), ainsi que son extension à tous les groupes FDLR », a précisé le diplomate français, Représentant permanent de la France auprès de l’ONU

Dans un autre registre, le Conseil de sécurité de l’ONU a salué le déploiement des premières missions de vérification du cessez-le-feu dans l’est de la RDC. Saluant l’appui de la MONUSCO, conformément à son mandat, ainsi que celui d’autres partenaires de la RDC, le Conseil de sécurité a appelé toutes les parties au conflit à respecter leurs engagements.

« Les membres du Conseil de sécurité se sont félicités de l’achèvement des deux premières missions du mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) dans les zones de Minembwe, au Sud-Kivu, et de Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ils ont salué l’assistance fournie par la MONUSCO, conformément à son mandat, ainsi que le rôle joué par l’Union africaine, la CIRGL et les partenaires internationaux. Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont appelé toutes les parties à respecter et à honorer leurs obligations et à cesser immédiatement les hostilités », a déclaré Jérôme Bonnafont, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies

L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d'Amérique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, Kinshasa a annoncé un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR.

Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole spécifique de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de neutraliser durablement le groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, au mois de juin, les États-Unis, par la voix de Massad Boulos, ont reconnu des difficultés dans l’application de l’accord et appelé les deux parties à respecter leurs engagements. La persistance des violences, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences d’interprétation continuent de freiner le processus de paix, tandis que les populations civiles restent les principales victimes des hostilités.

Clément MUAMBA