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Ituri : trois jours des manifestations populaires contre les tracasseries policières à Mahagi, plusieurs blessés signalés

Visuel service infographie/ACTUALITE.CD

La tension est restée vive le mercredi 22 juillet dans la commune de Mahagi, territoire éponyme (Ituri), au troisième jour de la mobilisation décrétée par la coordination territoriale de la société civile, afin de protester contre les tracasseries policières. Des affrontements entre manifestants et policiers ont fait plusieurs blessés, tandis que les activités socio-économiques sont demeurées paralysées.

Le mouvement de contestation a débuté le mardi 21 juillet après que le président de la coordination territoriale de la jeunesse de Mahagi a été blessé par balles la veille, alors qu'il participait, avec d'autres jeunes, à une manifestation dénonçant la multiplication des barrières et les tracasseries attribuées à la police de circulation routière (PCR).

Dans un mémorandum lu publiquement le mardi par le porte-parole de la coordination de la société civile, Deogratius Udagi Utubowar, les forces vives ont annoncé la suspension de toutes les activités sur l'ensemble du territoire de Mahagi jusqu'à la satisfaction de leurs revendications.

Alors que la mobilisation se poursuit, Manzikala Obima Faustin, présenté comme acteur communautaire, appelle les autorités provinciales à prendre des mesures pour répondre aux préoccupations exprimées par la population.

« Nous demandons poliment mais fermement aux autorités provinciales de suspendre immédiatement l'administrateur du territoire et ses complices, et de permettre aux députés, aux chefs traditionnels légitimes et aux anciens de la communauté de réorganiser le territoire », affirme-t-il.

De son côté, la société civile du Congo (SOCICO) plaide pour une désescalade. Son coordonnateur, Samuel Ukethi, estime qu'un dialogue entre les différentes parties est indispensable, la province étant confrontée à l’épidémie d'Ebola.

« Nous appelons toutes les parties à l'apaisement et au dialogue. Dans le contexte actuel de l'épidémie d'Ebola, ces mouvements de foule constituent également un risque sanitaire qu'il ne faut pas sous-estimer. Il est important de rechercher des solutions pacifiques afin de préserver à la fois la sécurité et la santé de la population », a indiqué Samuel Ukethi.

À Mahagi, les commerces, marchés, banques et plusieurs services publics restent fermés ou fonctionnent au ralenti depuis le début de cette mobilisation. Jusqu’à la mi-journée de ce jeudi, les autorités provinciales n'avaient pas encore communiqué officiellement sur l'évolution de la situation ni sur les revendications formulées par les manifestants.

Freddy Upar, à Bunia