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Le chef de l'OMS

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom, a invité le Comité de règlement sanitaire International à se réunir, une nouvelle fois, ce vendredi 12 avril, pour déterminer si l'épidémie d'Ebola qui frappe les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri depuis neuf mois constitue une urgence de santé publique de portée internationale, comme pour l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en 2014 et en 2016, pour l'épidémie de virus Zika en Amérique latine

Le Comité a pour rôle de recommander au directeur général de l’OMS les mesures d’urgences temporaires.

Elles comprennent les mesures sanitaires à mettre en place par le pays où l’urgence est déclarée ou par les autres pays pour réduire le risque de propagation internationale de l’épidémie et éviter des interférences inutiles avec le trafic international.

Une fois l'urgence déclarée, le Comité continuera à conseiller le directeur général durant toute la durée de l’urgence, y compris les changements nécessaires aux mesures recommandées. 

La dernière évaluation a conclu que les niveaux de risque national et régional restent "très élevé", tandis que les niveaux de risque mondiaux restent "faible".

20 nouveaux cas confirmés et 13 décès

Le ministère de la Santé a fait état, ce vendredi, de l'apparition de "20 nouveaux cas confirmés, dont 8 à Katwa, 7 à Vuhovi, 2 à Mabalako, 1 à Butembo, 1 à Komanda et 1 à Beni". 

Par ailleurs, 13 personnes sont mortes d'Ebola dont 6 en dehors des centres de traitement (CTE) et  7 décès au CTE, dont 6 à Katwa et 1 à Butembo.

764 décès en neuf mois, l'épidémie loin d'être endiguée

L'épidémie avait été déclarée le 1er août 2018  dans la province du Nord-Kivu avant de toucher l'ituri voisine. A ce jour, le bilan officiel fait état de 764 décès et 358 personnes guéries.

Le cumul des cas est de 1.206, dont 1.140 confirmés et 66 probables, indique le ministère de la Santé qui patronne la riposte contre la flambée d'Ebola.

Confrontée à des réticences d'une partie de la population envers la prévention, les soins et les enterrements sécurisés des victimes, la lutte contre la flambée est aussi compliquée par la présence de groupes armés, la désinformation et la mobilité de la population.

La RDC est le berceau d'Ebola. Le pays fait face à sa 10ème épidémie, qui constitue également la deuxième épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée, après celle de 2014, qui a fait 11 000 victimes en Afrique de l’Ouest.

Christine Tshibuyi