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Maisons incendiées lors des violences communautaires à Yumbi.

Près de deux mois après les violences intercommunautaires en territoire de Yumbi, dans la province de Maï-Ndombe, le député Claudel Lubaya a dénoncé, jeudi 14 février, "en apparence oublié de tous", tout en pressant pour qu'une mission soit dépêchée sur place pour "prévenir la récidive"  et pacifier la région.

"J'en appelle à la responsabilité du président de la République et de toutes les institutions pour qu'au-delà de l'indignation, du reste faible, qu'une mission soit dépêchée sur le lieu pour prévenir la récidive, établir les responsabilités, pacifier cette partie du pays, apporter la solidarité de la République aux familles endeuillées et à toutes les victimes de ces énièmes crimes de sang perpétrés sur notre sol", a déclaré à ACTUALITE.CD, le président de l'Union Démocratique Africaine Originelle (UDA/O).

Les tueries des 16 et 17 décembre dans quatre localités du territoire de Yumbi ont fait au moins 535 morts, d'après les Nations Unies.

Les victimes sont majoritairement des Banunu, pourchassés par des hommes armés de la communauté rivale, les Batende.

Depuis décembre 2018, "il se passe, loin des objectifs des caméras, un massacre en apparence oublié de tous, oublié des institutions de la République", selon le député Lubaya, élu de Kananga, dans la province du Kasai Central.

Selon le dernier rapport de Caritas-Développement de l’archidiocèse de Mbandaka-Bikoro, au moins 800 personnes ont été tuées lors de ces violences. "Pertes en vies humaines : plus de 800 morts sans compter les personnes brûlées vives dans les maisons et celles qui sont mortes par noyade dans le fleuve en fuyant ", souligne le résumé du rapport.

Les violences ont éclaté après que les Banunu ont enterré un de leurs chefs coutumiers, décédé à Kinshasa, sur une terre des Batende.

"Le peuple Ntende vivant avec les Nunu n’était pas d’accord que le Chef soit enterré dans cette concession avec prétexte que la terre leur appartient", note la Caritas.

La semaine dernière,  une dizaine de suspects ont été arrêtés et transférés à Kinshasa par la justice militaire qui "poursuit les enquêtes", a déclaré à ACTUALITE.CD le général Fall Sikabwe Asinda, commandant de la 1ère Zone de défense des Forces armées de la RDC (FARDC).

"A Yumbi , la situation est en train de se stabiliser de plus en plus. La situation va de mieux en mieux", a ajouté le général.

Le bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'homme a recensé une cinquantaine de fosses communes dans lesquelles seraient enterrées les victimes.

Des milliers de Congolais ont fui vers le Congo-Brazzaville suite à ces violences.

Christine Tshibuyi