Tobias Ellwood (ministre britannique) : « Le peuple congolais veut des élections pacifiques cette année »

Dans une tribune envoyée à ACTUALITE.CD, le ministre britannique pour l’Afrique, Tobias Ellwood, a souligné l’importance de mettre urgemment d’application l’accord politique du 31 décembre. Il a également...

Dans une tribune envoyée à ACTUALITE.CD, le ministre britannique pour l’Afrique, Tobias Ellwood, a souligné l’importance de mettre urgemment d’application l’accord politique du 31 décembre. Il a également élevé la voix sur le regain d’insécurité dans les deux Kasaï et dans l’Est du pays. Tobias Ellwood a aussi parlé de la volonté des investisseurs britanniques à se déployer au Congo à moins d’améliorer le climat politique, sécuritaire et économique du pays.

Tribune.

J’ai eu récemment le plaisir de visiter à nouveau la République démocratique du Congo (RDC) pour voir comment le Royaume-Uni peut mieux soutenir un avenir meilleur pour le peuple congolais.  Je suis reparti non seulement inspiré par la beauté, le dynamisme et le potentiel incroyable de la RDC, mais aussi avec trois principales conclusions.

Premièrement, il est extrêmement important de mettre en œuvre l’accord du 31 décembre.  Les habitants de Goma que j’ai vus s’enrôler pour voter étaient pleins d’espoir qu’ils seraient en mesure de choisir un nouveau président en 2017, et de voir la toute première transition pacifique du pouvoir de leur pays.  Ils voient les élections se tenir dans des pays comme la Somalie et ne peuvent pas comprendre ni accepter pourquoi le vote en RDC est déjà le plus reporté d’Afrique.  Mais ils ont accueilli favorablement le récent engagement du Président Kabila à quitter ses fonctions lors de la prochaine élection et non à chercher, à la différence de certains dirigeants, à modifier la constitution pour rester au pouvoir.

Le Royaume-Uni fera tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les élections, avec le concours de ses amis en Angola, Afrique du Sud, Chine, Europe, États-Unis et ailleurs.  En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, nous encouragerons la MONUSCO à augmenter l’appui précieux qu’elle fournit déjà.  Nous demeurons  membre à part entière et actif de l’UE et nous collaborons avec elle pour trouver les voies et moyens de soutenir les élections à venir. Cependant, si nous ne constatons pas de progrès significatifs, nous envisagerons, avec nos partenaires européens, l’imposition des sanctions supplémentaires contre ceux qui constituent un obstacle ou qui violent les droits de l’homme. En notre qualité de deuxième bailleur bilatéral important de la RDC, nous allons augmenter notre financement destiné à l’éducation civique, pour renforcer la participation politique des femmes et nous rassurer que tous les partis politiques peuvent battre campagne.  Comme l’a dit le Président Kabila, le financement des élections incombe en grande partie au gouvernement de la RDC.  Mais le Royaume-Uni est disposé à contribuer aux élections pour autant que la volonté politique de les tenir soit claire.

Deuxièmement, plus d’efforts doivent être fournis pour protéger les civils.  J’ai moi-même constaté les conséquences de l’insécurité permanente sur les populations locales vivant dans le Nord-Kivu.  Je suis consterné par la perte en vies humaines et des déplacements massifs de populations dans les deux Kasaï et dans la province de Tanganyika.  La responsabilité de protéger le peuple congolais relève bien sûr de son gouvernement.  Mais nous allons continuer à aider les communautés à résoudre leurs différends de manière pacifique, à apporter un soutien aux personnes touchées par le conflit et à encourager les Nations Unies à être aussi actives que possible dans leur appui au maintien de la stabilité.

Troisièmement, le secteur privé pourrait transformer la RDC s’il n’est pas freiné.  La RDC regorge d’opportunités commerciales.  J’ai vu, par exemple, le projet hydroélectrique de Matebe dans lequel le gouvernement britannique investit 9 millions. Ce projet génère 50 MW destinés, d’une part, à soutenir les industries locales créatrices d’emplois et, d’autre part, à alimenter Goma en énergie électrique. Le Royaume-Uni est la 5e puissance économique mondiale et l’un des plus importants investisseurs en Afrique. Nos entreprises sont dotées des atouts incroyables en infrastructure, services financiers, agriculture, transports et autres secteurs qui pourraient contribuer à réaliser l’énorme potentiel de la RDC. Ces sociétés voudront de toute évidence voir s’installer en RDC une stabilité politique par la tenue des élections, mais aussi voir des mesures prises pour combattre la corruption et contre une réglementation fiscale excessive. Ces mesures concernent le gouvernement de la RDC, mais le Royaume-Uni soutiendra les réformes fiscales qui tendent à augmenter les revenus tout en réduisant le fardeau fiscal excessif, à promouvoir la transparence dans le secteur minier en particulier, et à enquêter sur les offres commerciales corrompues ayant des liens avec le Royaume-Uni.

L’impression durable de ma visite est que le peuple congolais veut des élections pacifiques et équitables cette année, une sécurité plus accrue et plus d’emplois. Le gouvernement britannique fera tout son possible pour que cette vision devienne une réalité.

 

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